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Jul 15, 2026

ELLE AVAIT BESOIN D’UN FAUX PETIT AMI POUR LE GALA… MAIS L’HOMME QUI S’EST PROPOSÉ ÉTAIT PRÉCISÉMENT CELUI QUE LES DE MONTFORT ATTENDAIENT

Lucie Moreau n’aurait jamais imaginé que sa journée au café de l’Hôtel Grand Rivoli changerait sa vie.

Encore moins à cause d’une phrase qu’elle n’aurait jamais dû prononcer à voix haute.

— Demain, il me faut un petit ami… même pour de faux.

Elle parlait au téléphone avec Marion, sa meilleure amie.

Elle croyait que personne n’écoutait.

Puis une voix calme s’éleva derrière elle.

— Alors laisse-moi venir avec toi.

Lucie se retourna.

Sébastien Delorme.

Le client discret au costume trois pièces bleu marine.

Celui à qui elle avait servi du café plusieurs fois sans jamais savoir qui il était réellement.

Lucie crut d’abord à une plaisanterie.

— C’est le gala des de Montfort ; on n’y laisse pas entrer n’importe qui.

L’homme ne parut pas surpris.

Lucie plissa les yeux.

— Tu ne sais même pas où c’est.

Sébastien esquissa un léger sourire.

— Si, je le sais… demain, on m’y attend aussi.

Lucie resta figée.

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## PARTIE 1 — L’HOMME QU’ELLE N’AURAIT JAMAIS DÛ INVITER

Lucie garda son téléphone serré entre ses mains.

— Vous êtes sérieux ?

Sébastien eut un sourire presque invisible.

— Très.

— Vous connaissez les de Montfort ?

— Assez.

— Ça ne veut rien dire.

— Ça veut dire que je serai à leur gala demain.

Lucie le regarda de haut en bas.

Elle savait qu’il était riche.

Ou au moins très à l’aise.

Mais elle n’aurait jamais imaginé qu’il faisait partie du même monde que les de Montfort.

— Et pourquoi vous feriez ça pour moi ?

Cette fois, Sébastien hésita légèrement.

— Parce que vous avez l’air d’avoir besoin d’aide.

Lucie leva un sourcil.

— C’est tout ?

— Pour l’instant.

Cette réponse aurait dû l’inquiéter.

Elle l’inquiéta.

Mais le lendemain, elle accepta.

Pas parce qu’elle lui faisait confiance.

Parce qu’elle n’avait aucune autre solution.

À dix-neuf heures, une voiture sombre s’arrêta devant l’Hôtel Grand Rivoli.

Lucie sortit dans une robe noire simple qu’elle avait empruntée à Marion.

Pas de bijoux coûteux.

Pas de grande coiffure.

Elle voulait seulement survivre à la soirée.

Sébastien, lui, l’attendait en costume noir.

Lorsqu’il la vit, il ne fit aucune remarque exagérée.

Il lui tendit simplement la main.

— Prête ?

— Non.

— Parfait. Moi non plus.

Lucie eut malgré elle un petit rire.

Puis la voiture partit vers la propriété des de Montfort.

Plus ils approchaient, plus son ventre se nouait.

Elle n’était pas terrorisée par le luxe.

Elle était terrorisée par Gabriel.

Gabriel de Montfort.

Son ancien compagnon.

Celui qui, six mois plus tôt, avait rompu avec elle devant plusieurs membres de sa famille.

La raison officielle :

Lucie était soi-disant devenue « instable » après la mort de son père.

La vraie raison :

elle avait refusé de signer un document concernant la petite société de transport fondée par son père.

Une entreprise modeste.

Mais possédant encore plusieurs contrats anciens et quelques terrains logistiques.

Gabriel lui avait dit que la signature permettrait de sauver l’entreprise.

Lucie avait demandé du temps.

Il s’était mis en colère.

Puis la relation s’était effondrée.

Depuis, certains de Montfort la traitaient comme si elle avait gâché une alliance parfaite.

Lorsque la voiture passa les grilles du domaine, Lucie sentit ses mains trembler.

Sébastien le remarqua.

— Vous pouvez encore partir.

— Non.

— Même si vous voyez Gabriel ?

Elle tourna brusquement la tête.

— Comment connaissez-vous son prénom ?

Silence.

Sébastien regarda devant lui.

Lucie se raidit.

— Vous le connaissez.

— Oui.

— Depuis quand ?

— Depuis plusieurs années.

Lucie retira sa main de la sienne.

— Vous m’avez menti.

— Je ne vous ai jamais dit que je ne le connaissais pas.

— Ce n’est pas mieux.

La voiture s’arrêta.

Devant eux, plusieurs invités attendaient.

Puis un homme âgé descendit rapidement les marches.

Lucie le reconnut.

Henri de Montfort.

Le père de Gabriel.

Il ne regarda presque pas Lucie.

Ses yeux étaient fixés sur Sébastien.

— Monsieur Delorme.

Son sourire était tendu.

— Nous vous attendions.

Lucie sentit son cœur se serrer.

Sébastien répondit calmement :

— Je sais.

Puis Henri regarda enfin Lucie.

Et son visage changea.

— Vous êtes venue avec elle ?

Cette phrase confirma tout.

L’arrivée de Lucie n’était pas seulement inattendue.

Elle dérangeait quelqu’un.

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## PARTIE 2 — LE DOCUMENT QU’ELLE AVAIT REFUSÉ DE SIGNER

Le gala était déjà commencé.

Musique classique.

Serveurs en gants blancs.

Verres de champagne.

Et partout, des regards.

Gabriel vit Lucie presque immédiatement.

Il s’approcha.

Puis aperçut Sébastien à son côté.

Son visage se ferma.

— Lucie.

— Gabriel.

Il regarda Sébastien.

— Vous vous connaissez ?

Sébastien répondit :

— Maintenant, oui.

Gabriel serra la mâchoire.

— Je ne savais pas que vous étiez ensemble.

Lucie allait répondre.

Sébastien posa simplement une main légère derrière son dos.

Pas possessive.

Juste assez pour jouer le rôle.

— Vous savez beaucoup de choses, Gabriel, dit-il. Mais pas toutes.

Gabriel pâlit.

Lucie le sentit.

Il y avait quelque chose entre eux.

Quelque chose de bien plus important qu’un gala.

Quelques minutes plus tard, Henri de Montfort demanda à parler à Sébastien dans son bureau.

Lucie allait rester dans la salle.

Sébastien dit :

— Elle vient aussi.

Henri refusa immédiatement.

— Cela ne la concerne pas.

— Au contraire.

Lucie entra.

Sur le bureau se trouvait une chemise de documents.

Sébastien la posa devant elle.

— Vous reconnaissez cette société ?

Lucie regarda.

Moreau Logistique.

Le nom de son père.

Elle sentit son cœur accélérer.

— Pourquoi avez-vous ça ?

Sébastien ouvrit le dossier.

Il expliqua.

Vega… non.

Delorme Capital étudiait depuis plusieurs mois l’acquisition d’un important réseau de plateformes logistiques appartenant à plusieurs groupes français.

Parmi les actifs concernés se trouvaient des terrains dont la société du père de Lucie détenait encore des droits historiques.

Des droits que la famille de Montfort avait tenté d’obtenir six mois plus tôt.

— Le document que Gabriel voulait vous faire signer, dit Sébastien, n’était pas une simple restructuration.

Lucie regarda Gabriel, entré derrière son père.

— Alors qu’est-ce que c’était ?

Sébastien répondit :

— Une cession définitive de vos droits.

Lucie devint blanche.

— Pour combien ?

— Presque rien.

Gabriel intervint :

— C’est faux.

Sébastien lui lança un regard froid.

— Vous voulez que je lise la clause ?

Silence.

Lucie sentit ses yeux se remplir de larmes.

— Tu savais ?

Gabriel répondit :

— Ta société allait mourir.

— Ce n’était pas ta décision.

— J’essayais de t’aider.

— En me faisant signer un document que tu refusais de me laisser lire correctement ?

Henri intervint :

— Nous aurions repris les dettes.

— En échange de tout ce que mon père avait construit.

Personne ne répondit.

Lucie regarda Sébastien.

— Et vous ?

— Moi quoi ?

— Pourquoi êtes-vous ici ?

Il inspira.

Puis répondit :

— Pour proposer une offre concurrente.

Tout devint clair.

Les de Montfort attendaient Sébastien parce qu’il pouvait acheter une partie du groupe.

Ou refuser.

Et son choix avait une valeur immense.

— Alors votre offre de venir avec moi hier…

Lucie sentit une nouvelle colère monter.

— Ce n’était pas un hasard.

Sébastien secoua la tête.

— Pas complètement.

— Vous saviez qui j’étais.

— Oui.

Elle recula.

— Depuis quand ?

— Depuis la première fois que vous m’avez servi un café.

Lucie eut presque envie de rire.

— Incroyable.

— Je connaissais votre nom dans le dossier.

— Et vous avez continué à venir au café ?

— Oui.

— Pour m’observer ?

— Au début, pour vérifier que vous étiez bien la Lucie Moreau mentionnée dans les documents.

Cette réponse lui fit mal.

— Et après ?

Sébastien la regarda.

— Après, je suis revenu parce que j’en avais envie.

Lucie resta silencieuse.

Pour la première fois de la soirée, Sébastien semblait moins sûr de lui.

— Je n’avais pas prévu votre appel avec votre amie.

— Mais quand vous avez entendu que j’avais besoin d’un faux petit ami…

— J’ai vu une occasion.

— Professionnelle ?

— Au début, peut-être.

Cette réponse était sincère.

Mais elle n’était pas rassurante.

Lucie regarda les trois hommes.

Gabriel.

Henri.

Sébastien.

Tous savaient des choses sur son père qu’elle-même ignorait.

Et soudain, elle en eut assez.

— Je veux tous les documents.

Henri protesta.

— Impossible.

Sébastien répondit avant elle.

— Si.

Il posa une copie du dossier devant Lucie.

— Ils sont à vous.

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## PARTIE 3 — ELLE N’AVAIT BESOIN DE PERSONNE POUR LA SAUVER

Pendant les semaines suivantes, Lucie découvrit l’ampleur du problème.

Son père n’avait pas laissé une entreprise mourante.

Il avait laissé une entreprise fragile, certes.

Mais avec plusieurs droits contractuels précieux.

Gabriel et sa famille avaient tenté d’obtenir ces droits à bas prix avant qu’un investisseur extérieur ne découvre leur véritable valeur.

Sébastien avait découvert la manœuvre pendant l’analyse du groupe de Montfort.

C’est ainsi qu’il avait trouvé le nom de Lucie.

Elle engagea son propre avocat.

Pas celui de Sébastien.

Pas celui des de Montfort.

Le sien.

Après plusieurs négociations, elle refusa l’offre de la famille de Montfort.

Elle accepta en revanche un partenariat minoritaire avec Delorme Capital.

Mais à une condition :

elle conservait le contrôle de l’entreprise de son père.

Sébastien accepta immédiatement.

Gabriel, lui, tenta de lui parler plusieurs fois.

Lucie refusa.

Une dernière fois, il l’attendit devant l’hôtel.

— On aurait pu régler ça autrement.

Lucie le regarda.

— Oui.

Il sembla soulagé.

Puis elle ajouta :

— Tu aurais pu me dire la vérité.

Gabriel baissa les yeux.

Elle entra dans l’hôtel sans se retourner.

Quelques mois passèrent.

Lucie continua à travailler au Grand Rivoli.

Au début.

Sébastien lui demanda pourquoi.

— Parce que je ne veux pas que ma vie change uniquement parce que j’ai découvert la valeur de quelque chose que mon père m’a laissé.

— Vous aimez servir du café ?

— Certains jours.

Il sourit.

— Et les autres ?

— Les autres, j’ai envie de jeter les tasses sur certains clients.

Sébastien rit.

Puis un jour, Lucie quitta finalement son poste.

Pas pour vivre aux dépens de quelqu’un.

Elle reprit la direction administrative de Moreau Logistique.

Les débuts furent difficiles.

Elle ne connaissait pas tout.

Elle fit des erreurs.

Mais elle apprit.

Sébastien resta investisseur.

Et rien de plus.

Pendant plusieurs mois.

Lucie avait besoin de savoir si ce qu’il avait dit au gala était vrai.

Était-il revenu au café parce qu’il s’intéressait à elle ?

Ou seulement parce qu’elle figurait dans un dossier ?

La réponse arriva presque un an plus tard.

Le Grand Rivoli organisait un événement professionnel.

Lucie y retourna.

Elle entra dans le café où tout avait commencé.

Même comptoir.

Même bois sombre.

Même chandeliers.

Et à la même place que l’année précédente se trouvait Sébastien.

Un café devant lui.

Lucie s’approcha.

— Vous êtes encore là ?

— Je viens souvent.

— Pour un dossier ?

— Non.

— Une acquisition ?

— Non.

Elle posa son sac sur la chaise.

— Alors pourquoi ?

Sébastien regarda son café.

— J’attends quelqu’un.

Lucie leva un sourcil.

— Une femme ?

— Oui.

— Elle est en retard ?

— Presque un an.

Lucie resta silencieuse.

Puis sourit.

— C’est une technique de milliardaire, ça ?

— Non. Une très mauvaise technique de séduction.

Elle s’assit.

Sébastien la regarda.

— Cette fois, pas de faux petit ami ?

Lucie secoua la tête.

— Non.

— Dommage.

— Pourquoi ?

— J’étais plutôt bon dans le rôle.

Lucie sourit.

— Vous étiez surtout trop mystérieux.

— Je peux m’améliorer.

— Il faudra beaucoup de travail.

— J’ai du temps.

Ce soir-là, ils dînèrent ensemble.

Pas comme investisseur et dirigeante.

Pas comme milliardaire et serveuse.

Pas comme faux couple.

Simplement comme Lucie et Sébastien.

Un an plus tôt, Lucie croyait avoir besoin d’un homme à son bras pour prouver aux de Montfort qu’elle avait tourné la page.

Elle avait finalement découvert quelque chose de beaucoup plus important.

Elle n’avait pas besoin de paraître heureuse devant ceux qui l’avaient humiliée.

Elle avait besoin de comprendre ce que son père lui avait réellement laissé.

De défendre son nom.

Et de choisir elle-même les personnes qu’elle autorisait à entrer dans sa vie.

Sébastien n’avait pas été son sauveur.

Il avait simplement ouvert une porte.

Lucie avait fait tout le reste elle-même.

Et lorsque leur relation devint finalement réelle, plusieurs mois plus tard, elle lui rappela souvent la première phrase qu’il lui avait dite au café :

— Alors laisse-moi venir avec toi.

Sébastien répondait toujours la même chose :

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— C’est la meilleure invitation que je me sois faite à moi-même.

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